Pour redonner du sens au travail, il faut l’affranchir du capital

Photo of author
Written By Jane Legaet

Rédactrice spécialisée dans le sommeil et la literie depuis 2012

Avec cette épidémie et ce que certains aux Etats-Unis ont appelé les « retraites de masse », on a beaucoup entendu parler de la nécessité de redonner du sens au travail. Mais l’appel, qui n’est pas nouveau, est souvent mystérieux ou réduit à des aspects cosmétiques du travail. On s’interroge très peu sur la nature des changements qui reviendraient à redonner du sens au travail. Juan Sebastián Carbonell revient ici sur l’analyse et les propositions présentées par Thomas Coutrot et Coralie Perez dans leur dernier ouvrage : Reconstruire le sens en action. Désir de changement (Seuil, 2022).

Dans Reconstruire le sens du travail, Thomas Coutrot et Coralie Perez élargissent le regard des auteurs sur le discours de gauche sur le travail et les évolutions récentes des relations professionnelles. En effet, dans Libérant le travail, Coutrot affirme qu’en France la gauche ne s’est jamais posée la question du sens du travail, se préoccupant davantage des salaires et du temps de travail (donc du prix du travail) et des conditions d’activité. Cette insistance sur la question du travail a été adoptée à la suite du compromis fordiste.

Mais ce compromis a progressivement disparu dans le dernier quart du XXe siècle pour au moins quatre raisons : les salaires ne suivent plus la croissance de la productivité, le travail s’appauvrit, la victimisation de lois qui ne sont toujours pas logiques, les ouvriers sont pris entre les ouvriers. le marteau du but et l’aboutissement de l’authenticité de l’œuvre, tandis que la crise environnementale a rendu une certaine proposition inapplicable.

Enfin, la crise sanitaire aurait contribué à remettre davantage en cause le compromis fordiste : elle a poussé des millions de personnes à s’interroger sur le sens de leur travail, à se rendre compte que si on aime notre travail, le travail de nous « n’aime pas tard »[1] . Maintenant, nous allons nous interroger davantage sur la question du sens de notre travail : est-il utile, inutile ou nocif pour la société ?

Il faut rappeler dès le départ que certains écrivains se sont posé la question du travail. L’équipe de Christian Baudelot et Michel Gollac interrogeait, il y a vingt ans, la relation entre bonheur et travail à partir d’une vaste étude statistique[2]. Ils nous rappellent également que le travail est plus que le travail, il détermine non seulement notre niveau de vie, mais aussi l’identité sociale et le bonheur individuel de différentes manières.

Mais surtout ils rappellent que les débats sur le sens du travail ne sont pas nouveaux : ils ont commencé au siècle des Lumières, traversé l’économie politique lors de la révolution industrielle, puis tout au long du XXe siècle, avec « 68 ans » comme dernier Moment significatif où la place du travail dans la société a été remise en cause.On peut également citer les travaux d’Yves Clot et de son équipe, qui ont aussi questionné les conditions du « travail bien fait » et la participation des salariés au travail[3].

La contribution de Coutrot et Perez à ce débat est double. D’abord, selon la psychologie du travail de Christophe Dejours, les auteurs invitent à s’éloigner de la conception douloureuse ou focalisée du travail. Le travail est une activité physique et mentale. Dans ce contexte, selon les mots de Marx, le « travail mort » supprime le « travail vivant ».

Cependant, un travail est aussi un travail qui permet de réaliser son potentiel. Face à la réalité opposée, le travail est synonyme d’effort et de souffrance. Mais, de la même manière, si les objections réelles sont surmontées, le travail peut être une source de satisfaction et d’auto-évaluation. Par conséquent, il doit être vu comme un processus par lequel les gens changent le monde et se transforment, ainsi qu’un processus dans lequel les travailleurs cherchent à donner du sens, quels que soient les obstacles qui existent pour eux et pour eux.

Il y a donc trois niveaux dans lesquels le travail prend sens : l’effet du travail sur le monde (son utilité sociale), l’effet sur les valeurs sociales (sa compatibilité morale) et l’effet sur le travailleur lui-même (sa capacité à s’améliorer) . ). En d’autres termes, bien faire un travail ne suffit pas, il faut qu’il soit remarqué par des collègues ou un supérieur et qu’il change bien la personne.

La mesure du sens du travail

Le deuxième apport majeur du livre est la tentative de mesurer le sens du travail. Cependant, cette étape n’est pas facile. Sur le même sujet : 40 ans, toujours célibataire : ensemble ces photos qui n’ont jamais connu la vie. Les auteurs s’appuient sur l’enquête « Conditions de travail » de la Dares du ministère du Travail de 2013 et 2016 pour mesurer le sens que les salariés donnent à leur travail.

Il crée ensuite une note basée sur les réponses des répondants, permettant d’évaluer le sens qu’ils donnent à leur travail selon les trois points déjà cités plus haut qui sont présents dans l’enquête statistique : la capacité à développer développer des compétences individuelles , l’intégrité morale (avoir l’attitude de bien faire son travail) et l’aide sociale (avoir l’attitude de bien faire son travail dans la société).

Sans surprise, nous apprenons que les ouvriers de l’industrie, du commerce et de la vente, les employés des banques et des assurances, les vigiles et les agents de sécurité trouvent peu de sens à leur travail. Ce qui peut sembler encore plus surprenant, c’est que les professions qui perçoivent le plus les données d’emploi sont les professionnels de la santé (aides-soignants, aides domestiques, femmes de ménage, médecins, etc.), en plus des enseignants, des éducateurs, des travailleurs sociaux, etc.

Il y a aussi plus de sens dans son travail dans la communauté que dans le secteur privé. Un fait observable : les travailleurs des établissements où il y a des travailleurs sélectionnés ne rapportent souvent pas de sentiments de fierté au travail, ni le fait qu’ils accomplissent un travail important. Ainsi,

« Tout se passe comme si la présence d’une représentation collective favorisait une prise de conscience attentive du sens du travail, les syndicats ayant plus d’emprise sur cette question que les candidats non syndiqués. (p. 29).

L’existence de syndicats au sein de l’entreprise semble être une sorte d’antidote aux discussions patronales qui veulent en finir avec le travail lui-même.

Un problème de santé a-t-il modifié les relations avec les employés au travail ? Oui, mais d’une manière étrange. Banquiers, travailleurs sociaux, infirmiers et aides-soignants, les groupes de professionnels réunis pendant la crise sanitaire ne sont pas ceux qui donnent du sens à leur travail avant la pandémie de Covid-19. Dans le même temps, parmi les travailleurs qui travaillaient en 2020, le sentiment de bien-être social augmentait de 23 %, alors qu’ils rapportaient davantage de conflits moraux dans leur travail.

Les données présentées par Coutrot et Perez détruisent trois idées préconçues sur le sens du travail : il s’agirait de salaire, il ne poserait problème qu’aux ingénieurs et cadres, et la question du sens du travail qu’il permettrait d’occulter. abuser de. D’abord, on le retrouve chez les politiciens qui font des projets de loi de « retour au travail » (« to work » serait plus approprié) : le salaire, et rien d’autre, sera la source de motivation des travailleurs.

Cependant, les données montrent que les emplois « bas » veulent aussi comprendre leur travail, comme c’est le cas pour les emplois de maintenance. Par ailleurs, les salariés sont également attentifs au sens qu’ils donnent à leur travail. Les conclusions de Coutrot et Perez montrent que les travailleurs peu qualifiés veulent aussi donner du sens à leur travail : il suffit de s’interroger sur de nombreux rapports (plus) donnés à de jeunes diplômés d’écoles prestigieuses de démission du travail manuel (cuisiniers, agriculteur, etc. , « déclassement volontaire »[4]), alors que les emplois manuels sont eux aussi toujours en difficulté de main-d’œuvre.

Les auteurs pointent le danger, que les dirigeants d’entreprise cessent de chercher le sens des salariés pour l’inclure dans les discussions sur la motivation, l’autonomie et la performance. C’est ce que montre la littérature sur le « nouvel esprit du capitalisme » : la recherche de sens peut servir à masquer des abus. Cependant, ce processus de recherche de sens dans les instructions n’est jamais complet. Il traite du pouvoir d’action des travailleurs, on peut dire aussi leur Eigensinn, leur quant-à-soi, selon les mots d’Alf Ludtke, c’est-à-dire l’espace d’autonomie limitée où les opprimés sont appropriés et jouer avec eux. restriction[5] :

« Les personnes au travail portent des valeurs et des aspirations qui ne peuvent être réduites à l’atteinte d’objectifs organisationnels » (pp. 44-45).

Quelle est l’origine de la perte de sens au travail ? Outre l’apport de l’économie financière, qui a placé les entreprises et les travailleurs devant de nouvelles exigences de performance et de rentabilité, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont eu tendance à renforcer la maîtrise du travail, en détruisant son sens. Celles-ci permettent de codifier et de standardiser, il s’agit alors d’évaluer le bénéfice du travail de chacun autour de projets chiffrés.

Cette nouvelle organisation du travail est particulièrement faussée lorsqu’elle travaille dans des secteurs autres que la production de biens manufacturés, comme les services personnels. Les données de l’enquête « Conditions de travail » montrent que les salariés ayant des objectifs chiffrés trouvent moins de sens à leur travail. Dans ce,

« Dans le conflit entre capital et travail, la question de l’exploitation et du salaire reste importante, mais le ‘système désincarné’ accroît le conflit sur le sens du travail » (p. 55).

Le travail est en constante évolution, entre les mains du système organisationnel, soit sous forme de « renouvellement permanent »[6] – au sens de réduction permanente, et souvent discrète -, soit de réorganisation, comme dans le cas de La Poste, étudié notamment par Nicolas Jounin[7]. Ainsi, les auteurs montrent que lorsqu’il y a beaucoup de changements au travail, les salariés réduisent le sens de leur travail. Par ailleurs, subventions, externalisations, relations de sous-traitance influencent le sens que les salariés donnent à leur travail : lorsqu’une institution est « indépendante », ses salariés donnent du sens à leur travail.

La question du sens du travail aujourd’hui s’est posée à cause de la crise environnementale. En effet, de nombreux travailleurs sont conscients des effets négatifs de leur travail sur l’environnement. L’étude des « Conditions de travail » permet de traiter ce phénomène avec des statistiques : majoritairement les travailleurs déclarent que leur travail a des effets négatifs sur l’environnement.

Les auteurs confirment également que les travailleurs à faible autonomie professionnelle sont ceux qui rapportent souvent que leur travail est nocif pour l’environnement. Le rôle des syndicats apparaît également dans les statistiques : lorsqu’un travailleur déclare qu’il a un syndicat, il ne veut pas dire que son travail nuit à l’environnement.

à lire  Nos conseils pour choisir le bon matelas

Il existe également un lien entre « regret environnemental » et conditions de travail : le sentiment que son travail nuit à l’environnement augmente le risque de déclarer ne pas pouvoir faire le même travail jusqu’à 60 ans, cessant d’envisager le projet de reconversion. Les données des auteurs montrent également que c’est chez les 30-49 ans que l’on retrouve une relation nette entre le regret pour l’environnement et l’intention de restaurer, contrairement à l’idée selon laquelle celle-ci concernerait davantage les jeunes entrant sur le marché du travail et sont rapidement découragés de faire des affaires. le monde.

Une balade en canoë en Suède, une aventure au cœur de la nature nordique
A voir aussi :
Avec des milliers de lacs sauvages, la Suède offre d’innombrables possibilités de…

Quand les directions s’approprient le sens au travail

Après les changements décrits ci-dessus, les chefs d’entreprise se sont posé la question de restaurer les travailleurs, tout en gardant leur contrôle sur l’organisation, en restaurant leur image au passage. Ceci pourrez vous intéresser : 5 conseils d’experts pour choisir le bon matelas. On a vu ensuite s’introduire des discours sur la « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) qui doivent garantir le respect de l’environnement et des travailleurs.

Cependant, nous avons constaté des écarts entre ce que les cabinets de RSE publient sur les entreprises qu’ils auditent et les pratiques actuelles. De même, les auteurs ne trouvent pas de relation positive entre la RSE et la signification du travail dans les données. On a également vu perdurer la notion d' »entreprises à mission » dans le cadre de la loi PACTE de 2019, qui permet aux entreprises de déclarer d’autres motifs de non-rentabilité. Au-delà du contenu de cette loi, ses effets sur l’échelle économique en général restent invisibles, le nombre d’entreprises ayant un objet étant encore très faible en France.

A côté de la RSE et des entreprises à mission, on a vu apparaître « l’entreprise libérée », fondée sur l’abandon de l’ordre hiérarchique et des projets limités. Celle-ci vise à donner aux travailleurs de nouvelles formes d’autonomie au travail, une autonomie opérationnelle qui leur permette de décider comment ils vont accomplir leurs tâches et une autonomie qui leur permette d’organiser leur travail.

Cependant, la société exonérée reste prisonnière des objectifs de l’organisation : le profit des actionnaires. De plus, ces efforts ont un but indirect : ils visent à

« renouveler la légitimité des propriétaires ou agents de l’argent, non seulement par leur statut hiérarchique ou racial, mais aussi par la position symbolique d’animateur de la communauté ouvrière » (p. 99).

Enfin, cette « liberté » de l’entreprise s’accompagne d’une intensification du travail, de sorte que les salariés ne se sentent plus moralement contraints de s’investir davantage dans leur travail. Plutôt que le contrôle hiérarchique, c’est le comportement ou le contrôle par les pairs qui rend les employés performants.

En général, nous ne pouvons qu’être d’accord avec les critiques que Coutrot et Perez font de ces efforts. Aucun d’entre eux ne peut faire le travail de la démocratie :

« Le rapport salarial subordonné, qui donne aux propriétaires du capital le pouvoir de contrôler les décisions politiques, montre qu’il est incompatible avec la véritable domination des travailleurs » (p. 104).

La RSE, les entreprises raisonnées, les entreprises exonérées, etc., se heurtent ponctuellement « aux exigences budgétaires et aux systèmes énergétiques existants » (p. 11).

Voir l’article :
Après avoir déposé deux plaintes contre son ex-mari, Nadia est hébergée par…

Quelles résistances face à la perte de sens ?

Les étapes décrites ci-dessus sont similaires en ce sens qu’elles viennent « d’en haut ». Mais il y a aussi des efforts « d’en bas » : abandonner l’individu, parler collectivement et contribuer à l’économie dominante. Ceci pourrez vous intéresser : Nos conseils bikepacking pour un séjour vélo nature réussi.

On constate depuis plusieurs mois des problèmes de recrutement, certains parlent même de « licenciements massifs ». Même si cela ne correspond pas à la réalité statistique (le niveau actuel des départs à la retraite est élevé, mais il n’y est pas encore)[8], une partie de la perte de sens au travail joue un rôle important dans les problèmes de recrutement. Les auteurs soulignent que les secteurs où les conditions de travail sont les plus difficiles (exposition à des produits chimiques dangereux, travail d’urgence, conflits avec la communauté), sont aussi ceux qui connaissent le plus gros problème de recrutement. Ils montrent également que les salariés qui trouvent moins de sens à leur travail sont plus susceptibles de changer d’emploi. Il est à noter que le salaire ne joue pas autant qu’on pourrait le croire dans le mouvement professionnel.

La négociation collective est une autre façon de faire face à la perte de sens au travail. Cependant, cela ne se traduit pas toujours par l’unité : en effet, les travailleurs qui déclarent une perte de sens au travail sont moins unis que les autres. Pour les auteurs, cela tient au fait que les syndicats prennent peu en charge la question du sens et de l’organisation du travail. Un certain nombre d’initiatives récentes en dehors des syndicats visent à donner aux travailleurs une voix sur le lieu de travail.

C’est l’objet de la recherche de Philippe Davezies sur Renault, qui a organisé les prises de parole des salariés pour qu’ils puissent s’exprimer sur le travail « bien fait ». Cette méthode s’oppose à celle d’Yves Clot, qui organise des discussions sur le travail à une autre échelle, directement entre représentants des travailleurs, managers et membres de l’autorité compétente[9]. On peut aussi ajouter que les expériences « dialogiques » de Clot ne résolvent pas la question de l’inégale répartition du pouvoir dans les entreprises, et qu’elles peuvent même se retourner contre les travailleurs en créant une forme de « responsabilité », alors que le rapport salarial en est le noyau. pas assez.

Enfin, l’ascension économique des gens ordinaires est la dernière tentative pour donner un sens au travail. Les biens communs sont des ressources ou de la propriété intellectuelle qui sont gérées collectivement de manière auto-organisée. C’est le cas de l’emploi et des coopératives d’emploi qui regroupent des travailleurs indépendants pendant qu’ils recherchent des emplois. Cependant, ces mesures sont traversées par des contradictions, entre leur désir d’indépendance et leur désir de sécurité (lié au niveau de revenu).

De même, de nombreuses expériences coopératives sont loin du comportement idéal qu’elles souhaiteraient voir, avec l’émergence de nouvelles hiérarchies et de nouveaux régimes. La sortie, la gestion collective, l’économie des gens ordinaires, sont trois types d’actions qui peuvent y contribuer. Toutes trois sont des initiatives tournées vers l’avenir qui visent à remédier à la détérioration des conditions de travail et à réformer les pratiques de travail, mais elles ont de nombreuses limites.

A voir aussi :
Quel genre de matelas quand on a mal au dos ? Il…

Socialiser l’entreprise, contrôler le travail

Les propositions ne manquent pas pour démocratiser l’entreprise, accroître la participation des salariés aux décisions et à la détermination des enjeux du travail. La gouvernance partagée, la détermination commune ou le bicamérisme sont parmi les plus populaires. Cependant, Coutrot et Perez notent à juste titre que là où ils sont utilisés, la nature du travail ne change pas complètement :

« Le rapport de force interne positif entre la finance et le travail n’empêche donc pas la mise en place d’un accord clair pour garantir la croissance et l’emploi au détriment, voire pas du tout, des acteurs extérieurs » (p. 91).

Ainsi, dans le cas du bicamérisme[10], on peut penser à la critique dont parle Sophie Béroud : seule l’innovation institutionnelle ne suffit pas à équilibrer les pouvoirs dans l’entreprise. La question de la « réforme des entreprises » supprime souvent l’action collective et les conflits du travail, cependant, il y a une grande opportunité de contribuer à la démocratie ouvrière. De même, selon Béroud, penser le monde du travail de la même manière que la politique pose problème. Malgré leurs similitudes, ces deux créatures sont différentes :

« la relation salariale requiert certaines institutions, capables d’agir comme des facteurs de soutien pour un changement sérieux du système salarial ou même pour dépasser le niveau de subordination au travail »[11].

Démocratiser l’entreprise par des innovations pour donner du sens au travail ne suffit pas. Mais pour Coutrot et Perez, on ne peut pas miser uniquement sur les acteurs de l’entreprise, actionnaires et salariés, pour la faire évoluer dans le respect de l’environnement, ou pour protéger les intérêts qui la traversent, car ils étaient ils seront très concernés. à propos de ça. leur réussite commerciale et leur sécurité d’emploi.

Il est donc nécessaire que des acteurs extérieurs à l’entreprise (citoyens, usagers, acteurs sociaux, etc.) décident avec elle et participent aux conseils d’administration. Il peut s’agir de protéger la « socialisation de l’entreprise », entendue comme la gestion des salariés, des prestataires et usagers financiers, des citoyens, des organisations de consommateurs, etc. Avec cet arrangement en trois parties, les financiers ne pouvaient pas en tirer profit : le droit d’être propriétaire de la maison est séparé du droit de décision, tandis qu’ils éliminent l’argent.

Cette proposition, qui existe déjà dans Free Work Labour, reste encore floue sur ses objectifs et ses modalités, et se heurte donc à de nombreuses limites. Qui apporterait les fonds ? Sont-ils des acteurs publics ou privés ? Et surtout, quel est leur rôle dans la « socialisation de l’entreprise » ? Concernant le changement environnemental, penser qu’on ne peut pas miser sur la conscience environnementale des travailleurs parce qu’ils seront plus soucieux du soin de leur emploi, c’est croire qu’ils ont été vaincus avant même que la guerre n’éclate.

Si la nature est un champ de bataille, les syndicats le sont tout autant. En effet, les syndicats sont aujourd’hui un lieu de conflits et de débats sur le lieu de travail dans un environnement en mutation. Les organisations, les associations d’associations et les parties d’associations d’associations fourmillent d’arguments sur la question environnementale, les propositions rivalisent en leur sein, entre celles qui défendent le statu quo, pour les plus conservateurs, et celles qui réfléchissent à un processus collectif et démocratique concernant la changement de leur travail. , le plus radical. En d’autres termes, le changement peut également se produire de l’intérieur.

Deux exemples récents peuvent être brièvement cités. Le premier concerne les changements environnementaux dans le secteur automobile : CGT Renault a créé un programme de renouvellement du secteur très réussi autour de la production d’une petite voiture électrique populaire. Cette proposition, malgré diverses limites qui ne peuvent être expliquées ici, est destinée à concurrencer la stratégie de profit actuelle de la direction du groupe, qui se concentre sur la migration de la production de petites voitures vers des pays où « le prix est en baisse ». voitures de luxe et haut de gamme pour familles riches. Il s’agit de sauver des emplois et de lutter contre le changement climatique.

à lire  Comment reconnaître une infestation de punaises de lit ? Que faut-il faire pour l'éliminer

La seconde est la protestation contre la fermeture de la raffinerie Total de Grandpuits, en Ile-de-France. La société défend la fermeture pour des raisons environnementales pour cacher la délocalisation des activités de développement vers le Mozambique et l’Ouganda. Cette fois encore, les assaillants ont créé un programme d’action, soutenu par diverses organisations écologistes autour du slogan « la fin du monde, la fin du mois, la même guerre ». Ces deux cas montrent que la question de l’écologie aujourd’hui est loin d’être en dehors des syndicats (gageons aussi qu’elle le sera moins), et qu’elle a été présentée comme une question de sens au travail pouvant fédérer à l’intérieur du pays. . entreprise et plus encore.

Enfin, une question importante reste sans réponse : comment se lier d’amitié avec l’entreprise ? Le livre de Coutrot et Perez n’aborde pas cette question. Ailleurs, je défends le concept de « gestion du travail »[12] qui n’est rien d’autre que la réorganisation du travail par le bas, selon l’historien du travail David Montgomery[13]. En d’autres termes, l’imposition de lois collectives, a été décidée démocratiquement, comme un moyen de gérer les relations de travail, la menace du chômage et, on peut le dire aujourd’hui, le respect de l’environnement. Ce contrôle peut prendre la forme d’un contrôle de la cadence ou du rythme de travail, mais il peut aussi prendre une forme plus spécifique, celle du « contre-planificateur de travail »[14].

Ce n’est pas la première fois que le culte de la productivité au travail est remis en cause. Dans les années 1960 et 1970, la critique ouvrière était incluse, par exemple, aux États-Unis dans le soi-disant «blue collar blues», le blues des cols bleus, notamment dans le secteur automobile.[15] . Comme évoqué en introduction, le culte de la productivité au travail n’a jamais eu très bonne presse auprès des ouvriers eux-mêmes. D’une manière ou d’une autre, personne ne sait mieux que les entreprises inefficaces, ennuyeuses et destructrices. Les industriels se moquent de l’inefficacité du mouvement ouvrier « scientifique ».

De plus, le travail était ennuyeux et difficile, et il est clair que les salaires provenant de l’augmentation de la production n’étaient pas suffisants. C’est pourquoi nous voyons partout dans l’industrie automobile en ce moment les efforts des travailleurs pour changer leurs méthodes de production pour la direction, ce qui est le produit de l’incapacité des Travailleurs unis de l’automobile et de la direction à écouter leurs revendications. Dans ce cas, la lutte pour le contrôle du travail était aussi une lutte pour le contrôle syndical.

Donner du sens au travail et le démocratiser sont aujourd’hui des enjeux centraux du monde du travail qui s’éloigne peu à peu de la productivité qui prévalait au XXe siècle. Les travaux de Coutrot et Perez nous montrent que plusieurs voies s’offrent à nous. Il s’agit maintenant de se poser collectivement la question de qui prendre et quelle sera la manière de forcer la bifurcation.

Notes

1

[2] Christian Baudelot et Michel Gollac, 2003, Travailler pour être heureux ? Bonheur et travail en France, Fayard.

[3] Yves Clot (avec Jean-Yves Bonnefond, Antoine Bonnemain et Mylène Zittoun), 2021, Le prix du travail bien fait. Gestion des conflits dans les organisations, La Découverte.

[4] « La version bac+5 sur les métiers d’art : déclassement volontaire en raison de leur crise financière », Les Echos, 25 novembre 2022.

[5] Lüdtke, Alf, 2015, « La domination comme pratique sociale », traduit par Alexandra Oeser en collaboration avec Fabien Jobard », Sociétés contemporaines, vol. 99-100, n° 3-4, pp. 17-63.

[6] Cédric Lomba, 2018, Aménagement permanent des conditions de travail. De Cockerill à ArcelorMittal, Publications du Croquant, Vulaines-sur-Seine

[7] Nicolas Jounin, 2021, Caché de La Poste. Recherche sur le syndicat des postiers, La Découverte.

[8] Adrien Lagouge, Ismaël Ramajo, Victor Barry, « La France fait-elle une « grande démission » ? », Dares, 11 octobre 2022.

[10] Il s’agit de la création, de manière paritaire, de deux « chambres » de la direction de l’entreprise, l’une des investisseurs financiers (le conseil d’administration) l’autre des investisseurs du travail (le conseil du travail). Voir : Isabelle Ferreras, 2012, Gouverner le capitalisme ? Pour le bicamérisme économique, Presses Universitaires de France.

[11] Sophie Béroud, 2013, « Regards critiques sur la participation au monde du travail : aspects d’information et de discussion », Participations, vol. 5, non. 1, p. 5-32.

[12] Juan Sebastian Carbonell, 2022, L’avenir du travail, Amsterdam Publications, chap. 5.

[13] David Montgomery, 1979, La gestion du travail en Amérique, Cambridge University Press.

[14] Bill Watson, 2005, « Counter-Pranning on the Shop floor », libcom. URL : https://libcom.org/article/counter-planning-shop-floor-bill-watson

[15] John Zernan, 1974, « Le travail organisé contre la ‘rébellion anti-travailliste :’ le concours critique », Telos, 194-206.

Pourquoi le capital social est au passif du bilan ?

Pourquoi le capital figure-t-il également au passif du bilan ? Le capital social est une dette fondée sur les associés. On a tendance à penser qu’il appartient à l’entreprise et qu’il doit donc apparaître comme un atout. Cependant, il n’appartient pas à l’entreprise mais aux associés.

Où va l’argent public dans le bilan ? D’un point de vue comptable, le capital social se retrouve au passif du bilan. En termes de responsabilité, il s’agit de la dette à long terme des actionnaires ou associés propriétaires de l’entreprise.

Pourquoi le résultat figure-t-il au passif du bilan ? Résultat net De plus, nous pouvons également montrer qu’il importe peu qu’il s’agisse d’un profit ou d’une perte, le résultat est toujours inscrit au passif du bilan. Cela s’explique par le fait que le résultat est la dette de l’entreprise envers ses partenaires.

Pourquoi les capitaux propres sont-ils un passif ? Les capitaux propres se trouvent au passif du bilan. En finance, le concept de fonds propres représente le flux de trésorerie d’une entreprise qui est toujours disponible en elle-même. On parle d’équité ou d’équité pour décrire tout ce qu’une entreprise possède en dehors de ses dettes.

Pourquoi l’actif est toujours égal au passif ?

Contrairement aux actifs, les passifs ont une valeur économique négative (sortie de ressources). Dans un bilan standard, les actifs doivent toujours être égaux. lorsque la dette financière est supérieure à l’actif, l’entreprise est insolvable.

Comment équilibrer ce qui marche et ce qui ne marche pas ? Si l’actif est supérieur au passif, le solde est restitué en ajoutant une ligne « bénéfice » au passif. Si l’actif est inférieur au passif, l’équilibre est rétabli en ajoutant une ligne de « perte » à l’actif (ainsi, l’actif est toujours égal au passif).

Pourquoi êtes-vous inactif et actif ? Un passif fait partie d’un actif au bilan. Il comprend toutes les dettes que l’entreprise a contractées auprès de ses nombreux créanciers. Ceux-ci lui permettent de payer son bien. La dette au bilan est une composante héritée qui a une valeur économique négative pour une entreprise.

Quelle est la différence entre capital et capital social ?

Les capitaux propres représentent la partie des actifs d’une entreprise qui est financée par des actionnaires ou des partenaires. Quant au capital social, il est la somme des apports en numéraire et en nature des associés lors de la constitution de la société.

Quelle est la part de l’argent public ? Le rôle principal des fonds publics est d’être la clé de la répartition du pouvoir au sein de l’entreprise. En effet, les droits sociaux dont bénéficient les partenaires sont égaux aux cotisations qu’ils versent. Le montant de leurs cotisations est proportionnel à la somme d’argent dont ils disposent.

Quel est mon capital social ? Le capital social est égal à la somme des apports (en numéraire ou en nature) effectués par les associés de la société lors de sa constitution. Une fois qu’une monnaie publique est créée, elle n’est pas transparente. Elle peut être augmentée ou diminuée au cours de la vie selon les besoins de la société.

Quel est le capital de la société ? Le capital social d’une société est constitué des apports en numéraire des actionnaires. La valeur des actifs de l’entreprise, tels que fonds de commerce, immeubles, produits, est également prise en compte. Il existe 3 types de dons : Les dons en espèces (c’est-à-dire en espèces)

Comment définir le capital ?

Le capital social est la valeur de base d’une société, représentée par les sommes d’argent (apports, actions, parts d’autres sociétés, etc.) et/ou les actifs (immeubles, fonds de commerce, marques, droits d’auteur, etc.) qui y sont contenus. soit par ses associés, soit par ses propriétaires.

Comment préparer le capital de l’entreprise ? Le montant d’argent est fixé librement par les responsables de l’organisation, il n’est pas nécessaire de le payer intégralement lors de la constitution de la société, c’est-à-dire que vous ne pouvez payer qu’une partie de l’argent.

Qui dirige une société ?

Pour les sociétés par actions simplifiées, il s’agit du président. En revanche, pour les sociétés anonymes, les administrateurs sont administrateurs ou membres du conseil d’administration. En définitive, le dirigeant d’une entreprise individuelle est un entrepreneur.

Qui est le représentant de l’entreprise ? Le représentant légal de la société est le gérant de la société (on parle aussi de mandataire social). En termes simples, cela signifie que vous êtes responsable de la gestion quotidienne de l’entreprise et que vous représentez légalement l’entreprise et d’autres personnes.

Comment s’appelle la personne qui dirige l’entreprise ? Le chef d’entreprise est la personne physique à la tête de l’entreprise, fondateur ou non, qui a apporté ou non des apports. Par conséquent, les PDG, les présidents, les PDG et les dirigeants sont tous des chefs d’entreprise. Gérant : PDG de nombreuses sociétés : SARL, SCI, SNC, SCA, SCS.

Qui a inventé le capital ?

Marx et le concept de capital.

Qui a inventé le mot capitalisme ? 320. Le capitalisme en une phrase : « Le mot « capitalisme » a été inventé au XIXe siècle par des socialistes français comme Proudhon, Pierre Leroux ou Blanqui, qui ont donc choisi le système économique et social du temps de voir, le système qu’ils espéraient voir remplacé ; pendant longtemps, avec le « socialisme ».

Comment le capital est-il créé ? Le capital social de la société peut être constitué en deux types d’apports : Des apports en numéraire et des apports en nature. Les apports à l’industrie, qui correspondent au don de connaissances par une personne à l’entreprise, ne contribuent pas à la création de revenus.

Qui a écrit Le Capital en 1850 ? KARL MARX (1818-1883), « Le Capital » et l’Internationale (1850-1870) – Encyclopædia Universalis.

Quels sont les deux types de capital ?

Il est divisé en capital fixe et en capital circulant.

Quelle est la différence entre capital fixe et capital circulant ? Le capital fixe est la valeur des machines, des équipements, des bâtiments, c’est-à-dire la partie du capital qui est investie dans la production pendant une longue période et sa valeur est amortie par parties. Le fonds de roulement est la proportion du capital dépensé en matières premières et en force de travail.