Perpignan : un septuagénaire déjoue le piège de l’escroc avec…

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Written By Jane Legaet

Rédactrice spécialisée dans le sommeil et la literie depuis 2012

Dans la série des arnaques estivales qui ciblent le plus activement les personnes âgées, ce mercredi 22 juin, Marie-Jeanne, une Perpignanaise de 78 ans, a réussi à échapper aux mains d’un vendeur de faux matelas qui l’a poursuivie pour sa participation à son maison.

Marie-Jeanne est furieuse. Ce septuagénaire, qui n’a peur de rien et est toujours prêt à rendre service, a failli lâcher ses plumes cette fois sur un coup de générosité, dans une arnaque au matelas particulièrement bien ficelée. Le piège, qui aurait pu se refermer sur elle, prend un visage humain ce mercredi sur le parking d’un supermarché au sud de Perpignan. L’habitant du quartier de la Lunette s’y rend en fin de matinée pour faire quelques courses. Elle vient de se garer quand « le chauffeur d’une camionnette, décrit-elle, s’arrête à côté d’elle et s’approche d’elle pour lui demander son chemin. Elle cherche la rue de Cerdagne. « Eh bien, quand on se perd, on est très content de trouve quelqu’un pour t’aider », concède Marie-Jeanne Calbris qui s’engage volontiers à l’informer. Arrive sain et sauf. »

Ce n’est pas ainsi. L’homme prend son temps pour gagner la confiance de sa victime, prétextant qu’il lui a déjà vendu un matelas. Il s’en souvient très bien, nous assure-t-il, elle non. « Mais comme je m’occupe de plusieurs appartements, c’était tout à fait possible, d’autant plus que je ne suis pas du tout physionomiste. » Dès lors, Marie-Jeanne en profite pour proposer de se débarrasser de deux matelas « pure laine » entreposés dans sa cave. L’inconnu se montre intéressé, est immédiatement acheteur. « Alors je lui ai donné mon numéro de téléphone pour qu’il puisse m’appeler et les récupérer. Ça me fait toujours mal au coeur de voir du linge de lit finir à la décharge, je préfère leur donner une seconde vie. »

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Utilisez un ressort du Capitaine Crochet, j’étais un gamin là-bas

L’escroc s’en aperçoit et s’empresse de l’appeler en lui disant qu’il a un petit cadeau pour elle. Et justement à 13h30 la cloche de son immeuble sonne, un couvre-matelas à la main. « Je lui ai ouvert la porte et je suis descendu à sa rencontre car j’habite au deuxième étage », poursuit le septuagénaire avec qui il insiste pour monter à l’appartement. « Il voulait désespérément voir la marque de matelas que j’allais lui acheter sous prétexte de devoir remplir une fiche de satisfaction. » Cependant, laissant la porte entrouverte, elle accepte qu’il démonte le canapé-lit dans l’entrée pour vérifier le logo des deux matelas superposés. Maintenant, dit-il soudain, il s’est blessé au doigt sur un ressort. Alors que je lui apportais un pansement, il m’a montré un crochet pointu qui sortait du matelas. C’était un objet pointu comme un hameçon, nous aurions dit Capitaine Crochet , j’en étais un enfant. »

Le numéro de l’arnaqueur n’est pas terminé. Il propose immédiatement à Marie-Jeanne de remplacer la literie prétendument abîmée par une neuve pour 80 euros. En plus, il l’a dans le van. « C’était un prix très raisonnable mais j’ai commencé à avoir des soupçons », souffle le propriétaire en lui demandant de partir. Il refuse, rend le second matelas, et là, surprise ! Il est également percé d’un gros ressort identique au premier. Pour le résident, c’est trop. « Je savais que c’était une vraie ruse et je l’ai viré de la maison. Il a insisté pour me demander juste vingt euros pour les deux draps. En fait, il avait de mauvaises intentions et voulait entrer pour me braquer », comprend la victime. qui le repousse vers le palier. « Avant de disparaître, il a repris mon cadeau et ses crochets et a laissé le pansement », découvre Marie-Jeanne qui pense à une fausse blessure.

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Choqué par cette mésaventure qui aurait pu mal se terminer, le retraité a tenu à témoigner en guise de prévention pour le quartier. « C’est un homme de 45 ans, lambda, sans accent particulier, qui circule au volant d’un petit fourgon blanc. S’il cherche sa route, passez la vôtre », conseille Marie-Jeanne à toutes les personnes âgées de la ville. Quant à vous, cette visite importune vous servira de leçon. « Désormais j’essaierai d’oublier et personne ne rentrera chez moi. Si quelqu’un veut me faire un cadeau, je descendrai le chercher ! », confie-t-elle, plus bouleversée qu’elle n’en a l’air. il.