Périnatalité : comment accompagner au mieux les femmes, de la grossesse au post-partum, selon Ciane ?

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Rédactrice spécialisée dans le sommeil et la literie depuis 2012

Comment vit-on la maternité en France aujourd’hui ? C’est la question fondamentale mais immense à laquelle Ciane (collectif interassociatif autour de l’accouchement) a tenté de répondre dans ses recherches. Pas moins de 8 500 femmes, qui ont accouché entre 2016 et 2021, ont répondu. Le magazine de la parentalité avait relayé cette enquête lors du lancement, qui a été soutenu par Santé publique France. Les résultats, publiés en novembre 2022, ont donné lieu à la formulation de 11 recommandations du collectif, pour réduire l’incertitude, de la grossesse à l’accouchement.

Pendant la grossesse : 39 % des femmes se sont senties méprisées

Pendant la grossesse : 39 % des femmes se sont senties non-respectées

Parmi les femmes ayant répondu à l’enquête Ciane, majoritairement primipares (premiers-nés), beaucoup ont rencontré des difficultés à identifier les professionnels aptes à suivre leur grossesse. D’un point de vue administratif également, un tiers des primo-accédantes et un quart des pluriannuelles ont du mal à comprendre leurs droits et les démarches administratives à accomplir. Au final, 3 femmes sur 10 n’avaient pas le choix du lieu d’accouchement, ce qui avait des conséquences négatives sur la grossesse. Voir l’article : jm | Bébé mort à Rimaucourt : implacables conclusions médicales aux assises. Les raisons les plus évoquées sur ce dernier point sont, de plus ou moins citées, l’absence d’autres maternités à proximité du lieu de résidence, la découverte de problèmes médicaux, le manque d’information pour faire un choix et l’absence de sages-femmes exerçant à domicile. . naissances. Les raisons sont bien sûr différentes selon les régions d’où viennent les répondants.

Surtout, 39% des répondantes se sont senties irrespectueuses à un moment donné de leur grossesse. Parmi les situations de non-conformité citées figurent les commentaires désobligeants, les railleries, le manque de respect de la pudeur, le manque de délicatesse dans les actes médicaux, la non-prise en compte de la douleur, le manque de communication et le non-respect du consentement. Les auteurs de l’enquête soulignent que rien ne distingue ces 39% des autres répondantes, que ce soit les caractéristiques socio-démographiques ou les circonstances entourant la grossesse.

Hélène Carrère, co-présidente de Ciane, regrette que ces événements potentiellement traumatisants se produisent encore, même si elle constate une amélioration ces dernières années. « Les femmes sont encore un peu infantilisées dans cette période de la vie, soupire-t-elle. Certains services ont encore des pratiques inadaptées, les patientes ne sont pas toujours informées qu’une épisiotomie, même si elle est nécessaire, a été pratiquée. Pour résoudre cela, il faut communiquer. avec les professionnels, faire de la prévention, mais aussi prendre plus au sérieux les plaintes des femmes. Lorsque cela est malheureusement nécessaire, Ciane rappelle qu’il existe des voies de recours et que le collectif peut les accompagner avec la commission des usagers et la médiation avec la maternité, et même avec le conseil d’ordre ou le tribunal civil.

Quelles sont les recommandations de Ciane concernant le temps de grossesse ?

Quelles sont les recommandations du Ciane concernant le temps de la grossesse ?

Pour améliorer le vécu global de la grossesse, Ciane partage ses recommandations : Ceci pourrez vous intéresser : Quand je vois mon bébé dormir, tous mes soucis disparaissent….

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Naissance : un moment rarement à la hauteur des attentes

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Accouchement : un moment qui correspond rarement aux attentes

Vient le moment de la naissance, un paroxysme « assez mauvais », voire « très mauvais » vécu pour 32 % des primipares et 24 % des multipares, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Sur le même sujet : Demain nous appartient : résumé avant l’épisode 1277 du 20 septembre 2022 (épisode complet). Le fait d’avoir suivi une préparation à l’accouchement joue un rôle dans ce sentiment : 24 % des primipares qui n’ont suivi aucune préparation ont vécu une très mauvaise expérience de l’accouchement, contre 14 % de celles qui en ont suivi une.

Le manque de connaissances est également flagrant. A la question « Admettez-vous rétrospectivement que vous connaissiez bien les conditions d’accouchement dans le lieu où vous avez accouché ? Conséquence : près de 70% des femmes qui disent que ce qu’elles ont vécu était complètement différent de ce qu’elles savaient ou pensaient, ont déclaré avoir eu un accouchement « pas bon » ou « assez mauvais », contre seulement 12% pour celles dont les attentes étaient conformes avec la réalité.

« Les préparatifs de l’accouchement n’ont pas été assez exhaustifs. Les sujets sont traités rapidement. Quand on n’a jamais eu d’enfants, on découvre tout, et malheureusement, on le découvre quand il est là et qu’on n’est pas préparé psychologiquement. On nous dit qu’un bébé dort beaucoup, mais on ne nous dit pas qu’il ne peut que vouloir dormir sur nous… On ne nous parle pas des tranchées, de l’épisiotomie… », témoigne une des mères interrogée.

Quelles sont les recommandations de Ciane pour mieux préparer les mamans à l’accouchement ?

Quelles sont les recommandations du Ciane pour mieux préparer les mamans à l’accouchement ?

Pour accompagner les futures mamans, mieux les préparer et éviter un moment potentiellement traumatisant, Ciane recommande :

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A la maternité : la nécessité de voir un psychologue

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À la maternité : le besoin de voir un ou une psychologue

En France, une mère est censée rester à la maternité, après l’accouchement, de 72 à 96 heures si elle a accouché par voie basse, et de 96 à 120 heures si elle a accouché par césarienne. Ces journées sont aussi sources d’anxiété, surtout s’il s’agit d’un premier enfant, et souvent à cause de la séparation d’avec le partenaire et coparent.

De plus, l’accompagnement n’est, encore une fois, pas à la hauteur des attentes des jeunes mamans. 50% des répondants ont noté un manque d’attention de la part de l’équipe soignante concernant leur état émotionnel et psychologique. 4 femmes primipares sur 10 auraient aimé être mieux accompagnées dans la prise en charge de leur enfant. 50% des primipares et 42% des multipares pensent qu’il serait utile pour elles de voir un psychologue à la maternité.

Si 33 % des enquêtées ont pu échanger avec le personnel soignant pendant leur séjour à la maternité sur le déroulement de l’accouchement, entre 50 et 60 % auraient aimé le faire, mais n’ont pas pu. Sans surprise, celles qui ont vécu « très mal » ou « assez mal » l’accouchement sont surreprésentées sur ce dernier point. « Il est intéressant de constater que les femmes montrent un meilleur accompagnement pendant la période la plus sévère de la pandémie de Covid-19, rapporte Hélène Carrère. Il existe plusieurs biais explicatifs : les patients ont ressenti plus d’empathie pour les soignants durant cette période, et les soignants ont pris soin de très bien communiquer pour limiter l’anxiété supplémentaire liée à l’épidémie. »

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Les recommandations de Ciane pour faciliter le séjour à la maternité après l’accouchement

Les recommandations du Ciane pour adoucir le séjour à la maternité après l’accouchement

Pour rassurer, écouter et répondre aux questions des nouvelles mamans durant leurs quelques jours à la maternité, Ciane demande :

Rentrer à la maison : 1 femme sur 3 se sent seule

Retour à la maison : 1 femme sur 3 se sent seule

Une fois à la maison avec le bébé, la jeune maman a droit à la visite à domicile d’une sage-femme. « La maternité doit informer les femmes de ce droit. La première visite à domicile de la sage-femme, après l’accouchement, est systématiquement et correctement remboursée. En revanche, les autres doivent être motivés, rappelle Hélène Carrère. Certaines femmes peuvent avoir besoin de plus de visites, mais les suivantes sont très mal rémunérées et donc difficiles à organiser pour les sages-femmes. Mais du côté des personnes interrogées, beaucoup soulignent que ces visites apportent une « amélioration remarquable » de leur état psychologique.

Bien qu’on estime que 15 à 20 % des mères souffrent de dépression post-partum, une grande majorité des répondantes témoignent de leur détresse lors de leur retour à la maison. 33% des femmes se sentent seules, 50% manquent de soutien, 30 à 40% se sentent découragées, plus de 25% des primipares indiquent qu’elles n’ont pas reçu suffisamment d’informations sur la vie avec un nourrisson (comment s’en occuper, quels sont les signes de l’évolution à noter, etc.).

Les principales sources de stress des primipares sont liées à l’allaitement, à la fatigue et à la difficulté à faire face aux pleurs et aux exigences d’un nouveau-né. Pour les multipares, c’est le fardeau de la prise en charge conjointe de l’aîné et du nouveau-né. L’étude a mis en évidence des facteurs de risque parmi les répondants pour une plus grande tristesse ou un découragement pendant le post-partum :

Dans le cadre de l’étude, une mère a répondu anonymement que : « Le retour à la maison était très stressant, je manquais de sommeil, le congé paternité est beaucoup trop court, personne ne nous a expliqué les différents cris de bébé, pas même les coliques, ou ce qui était soudain. la mort… Mon état physique et mental après l’accouchement m’a également déstabilisé, il y a un manque d’information sur les changements liés au post-partum. »

Hélène Carrère avoue avoir été désagréablement surprise par ces données et témoignages lors de l’analyse des réponses. « J’avais l’impression qu’aujourd’hui les femmes étaient beaucoup mieux préparées, qu’elles bénéficiaient de meilleurs réseaux de communication… Alors qu’en réalité il y a beaucoup de travail à faire. La dépression post-partum reste la deuxième cause de décès chez les femmes qui viennent d’accoucher, prévient la coprésidente.

Post-partum : les recommandations de Ciane

Post-partum : les recommandations du Ciane

Face à ces éléments alarmants, le collectif appelle à :

Hélène Carrère insiste : ces nombreux facteurs, sources d’incertitudes pour les femmes, du début de la grossesse aux jours et mois qui suivent l’accouchement, ne sont pas une fatalité et peuvent être résolus, notamment en diversifiant l’offre de soins, pour que chacun puisse donner l’accouchement plus près du domicile et le congé bénéficient d’un meilleur suivi avant et après. On ne peut qu’espérer que cette enquête de grande envergure ne reste pas lettre morte auprès des autorités sanitaires.

En vidéo : « Il n’y a rien de pire que l’isolement après la naissance », Sans filtre avec Ève Simonet

En vidéo : « Il n’y a rien de pire que l’isolement en post-partum », Sans Filtre avec Ève Simonet