Michel Rolland : « Le monde du vin a changé »

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Written By Jane Legaet

Rédactrice spécialisée dans le sommeil et la literie depuis 2012

Pourquoi avoir choisi l’œnologie plutôt que de simplement cultiver la famille du Château du Bon Pasteur, à Pomerol ?

Michel Rolland : Cela ne m’a pas empêché de cultiver la vigne pendant près de trente-cinq ans ! De plus, je me destinais à faire de l’œnologie locale. Ça s’est mal passé…

A l’aube de votre cinquantième récolte, où trouvez-vous encore votre motivation ?

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Quand un métier devient une passion, il n’y a aucune raison de s’arrêter.

Selon vous, quel est le plus grand changement dans le monde du vin ?

J’ai donné mes conseils dans 23 pays. Le monde du vin n’a pas changé : il s’est métamorphosé, des conditions sanitaires aux outils de vinification. C’est un peu comme comparer la voiture de Juan Manuel Fangio dans les années 1950 et aujourd’hui de Max Verstappen. Ils ont quatre roues et un volant, mais le second bénéficie de beaucoup plus de technologie. Il en va de même pour la viticulture qui a fait de grands progrès et qui s’améliorera encore dans les années à venir. Le vin est un produit de culture et de tradition, mais la tradition doit évoluer.

L’utilisation d’autres contenants de vinification ou de maturité, comme les amphores, est-elle une avancée durable ou un effet de mode ?

A notre époque un phénomène puissant a émergé : la communication. Il faut raconter une histoire pour l’inventer. Prenons l’exemple des amphores. Dans l’immobilier, on ne vous en montre que trois, quatre ou cinq. Calculez le ratio contenant/production et vous comprendrez vite que leur importance est relative.

Les goûts des consommateurs ont également changé. Est-ce standardisé ?

Il y a cinquante ans, les mauvais vins étaient légion. Cependant, je ne connais personne qui ait abandonné sa production. Aujourd’hui, la qualité est grande, mais avec des caractères différents. Le consommateur choisit ce qu’il aime. La vie moderne exige également une consommation plus rapide. Quant à la standardisation, elle a toujours été une invention de quelques connaisseurs qui n’ont pas tout compris.

La production actuelle est-elle plus en phase avec la demande que celle des années 1980 et 1990 ?

Les goûts changent très lentement. Je ne pense pas que la production s’y adapte. Mais le consommateur trouve de nouveaux appétits gustatifs. L’exemple des roses est éloquent : autrefois, elles étaient souvent médiocres. Grâce à leur évolution technique et leur prix abordable, les ventes ont explosé.

Que pense le « gourou du vin » de l’engouement pour les vins naturels ?

J’apprécie les vins naturels quand ils sont bons. Mais je ne trouverai jamais un mauvais vin bon parce qu’il est naturel. Bordeaux se transforme rapidement en viticulture biologique, voire en biodynamie.

Comment expliquer son retard en la matière ?

La Gironde et le Médoc, notamment, sont sous forte influence atlantique, avec des précipitations bien supérieures à celles d’un climat continental : la pression du mildiou y est forte. Si le réchauffement climatique permet aujourd’hui de prendre le risque du bio, les traitements doivent toujours être réalisés dans les vingt-quatre heures pour être efficaces. Quand on a 100 acres, on a besoin d’une énorme logistique en termes d’hommes et de matériel. L’agriculture biologique a donc un coût important que tout le monde ne peut pas se permettre. Je tiens également à dire que le cuivre utilisé en bio et en biodynamie est un faux ami. À long terme, il y aura des dommages latéraux que nous n’avons pas encore mesurés avec précision.

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Passer au bio aide à lutter contre Bordeaux battant ?

C’est un phénomène typiquement français, alimenté par une certaine restauration. C’est dommage, mais ce n’est pas indispensable pour les vins de Bordeaux, qui s’exportent encore très bien. Bordeaux a dominé le marché français pendant des décennies, car toutes les régions viticoles se sont réunies pour rivaliser. C’est une période un peu compliquée, mais ce n’est pas définitif du tout.

« Au risque de déplaire à certains, je dirais que jusqu’à présent le réchauffement climatique nous est assez favorable. »

Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique pour la vigne ?

Au risque de déplaire à certains, je dirais que jusqu’à présent le réchauffement climatique nous a été plutôt favorable. Mais ce retournement ne s’arrêtera pas là et l’avenir pourrait être compliqué pour la production à plus ou moins long terme. Au-delà de la hausse de température, le phénomène entraîne des épisodes météorologiques chaotiques : gelées, grêles, sécheresses… Et la répétition de ces sécheresses ne manquera pas de provoquer un manque d’eau, élément essentiel à la vie de la vigne.

Que pensez-vous de l’introduction de nouveaux cépages – ou du retour des anciens – pour freiner la hausse de la teneur en alcool du vin ?

Les cépages sont l’identité des vins. Imaginer Petrus sans Merlot et Lafite sans Cabernet Sauvignon est un pas que j’ai du mal à franchir.

Revenons à votre expérience : le millésime 1982 a-t-il marqué la renaissance des grands vins à Bordeaux ?

Je ne parlerai pas de renaissance, car Bordeaux existait avant 1982. Mais cette année marque le point de départ d’une viticulture plus soignée et d’une volonté de régularité dans la qualité des vins produits. La France viticole a bien changé en vingt ans ; le monde du vin, après quarante ans. L’école française de viticulture et d’œnologie en est le promoteur.

Racontez-nous votre rencontre avec Robert Parker, l’auteur américain de guides du vin.

Aucun autre expert n’était aussi important que lui. Malgré cela, il n’a jamais pris la grosse tête. Je n’avais pas de relation particulière avec lui autre que les professionnels. Depuis qu’il a vendu le Wine Advocate, nous ne nous sommes pas revus. Côté vin, nous partageons le même millésime : 1947, l’année de notre naissance. Grâce à des amis communs, nous avons eu le grand plaisir de partager 27 bouteilles de cette année. C’était touchant et excitant.

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La Californie est-elle toujours votre deuxième vignoble préféré ?

Sans aucun doute. Je suis arrivé en Californie lors de la catastrophe du phylloxéra à la fin des années 1980. Alors qu’en France tout le monde serait allé dans les ministères crier pour savoir qui paierait, j’ai vu les Américains reconstruire un vignoble en quinze ans de manière intelligente, ce qui a permis. à produire de grands vins. J’aime leur façon de travailler. Le monde est un vaste vignoble que vous avez parcouru dans tous les sens.

Parlez-nous de vos plus beaux souvenirs et de vos déceptions, le cas échéant.

Le vin est avant tout une aventure humaine. La rencontre de personnalités entreprenantes, conquérantes, perfectionnistes, sous presque toutes les latitudes, est une opportunité incommensurable. De nombreux projets ont été couronnés de succès. Les échecs étaient rares; de plus, les problèmes étaient davantage liés à la commercialisation qu’aux produits eux-mêmes.

Comment voyez-vous l’évolution du marché du vin prochainement ? Y a-t-il un risque de l’épuiser face à la demande internationale ?

Le marché se porte plutôt bien, sans être facile. Quant au manque de vin, je n’y crois pas ; il existe des réservoirs de production encore inexplorés. La compétition est rude, mais saine. C’est un gage de qualité.

« La France est toujours en position dominante, mais elle n’a pas à se reposer sur ses lauriers. »

Et à long terme ? Les grands vins ne sont-ils probablement pas réservés à une élite ? La France pourra-t-elle conserver son leadership qualitatif ?

Les vins prestigieux seront de plus en plus chers et recherchés par une clientèle aisée. Cependant, de bonnes affaires peuvent être trouvées à des tarifs moins chers dans le monde entier. Cependant, les meilleurs vins mousseux sont toujours du champagne français. Et que les meilleurs Merlots, Pinots, Syrahs, Grenaches, Cabernet-Sauvignons ou Francs le sont aussi. La France est toujours en position dominante, mais elle n’a pas à se reposer sur ses lauriers.

Avec d’autant plus de sérénité que la livraison est enregistrée ; trois de mes collègues, Jean-Philippe Fort, Mikaël Laizet et Julien Viaud, ont obtenu 60% de Rolland & amp; Les associations. Ce laboratoire œnologique et de conseil compte encore près de 240 clients dans le monde. Un nouveau chapitre est à écrire. Comment ne pas se féliciter ?

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