Luminothérapie, hygiène de vie… Les conseils d’un médecin pour faire face au manque de soleil

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Written By Jane Legaet

Rédactrice spécialisée dans le sommeil et la literie depuis 2012

Le manque de lumière peut entraîner une dépression saisonnière chez certaines personnes. Faïza Bossy, médecin généraliste à Paris, donne quelques conseils sur BFMTV jeudi pour y faire face.

Alors que les jours raccourcissent et que le gris descend sur la majeure partie du pays, le manque de soleil se fait sentir. Pourtant, ce manque de lumière a des effets bien réels sur la santé.

« La recherche indique que ce manque d’exposition au soleil perturbe le fonctionnement d’un neurotransmetteur dans le cerveau appelé sérotonine » et « cette perturbation peut induire un état dépressif », explique le Royal College of Psychiatrists, une organisation professionnelle de psychiatres, sur son site internet. Britanique. C’est le concept de dépression saisonnière ou hivernale.

Pour éviter d’être frappé, ou pour y faire face, le Dr Faïza Bossy, médecin généraliste à Paris, donne ce jeudi quelques conseils sur BFMTV. Il préconise d’abord des séances de photothérapie, grâce à une lampe dédiée à cet effet, disponible en vente libre dans de nombreux magasins.

Production de mélatonine

La luminothérapie « imite la lumière naturelle » du soleil et sert à « resynchroniser le cycle veille-sommeil« , explique le docteur Bossy sur BFMTV.

« Dans le cerveau, le chef d’orchestre, l’hypothalamus, va travailler avec les musiciens, dont l’épiphyse, qui produit la mélatonine », précise le médecin généraliste. Voir l’article : Qu’est-ce que la paralysie du sommeil ?. La mélatonine est une « petite molécule synthétisée dans notre cerveau », qui nous aide à nous endormir et participe à la synchronisation de notre horloge biologique, selon l’Inserm.

La production de mélatonine « augmente en fin de journée, quand la lumière diminue », développe cet institut public de recherche médicale. Ceci explique alors le déficit énergétique que peut engendrer un manque d’ensoleillement.

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Une bonne hygiène de vie

Faïza Bossy conseille à ses patients souffrant de dépression saisonnière de commencer les séances de photothérapie en septembre et de les terminer au printemps. Il recommande de s’exposer à un mètre de cette lumière d’une puissance de 10 000 lux « tous les jours », au moins 30 minutes. Lire aussi : Mélatonine : à utiliser avec prudence. « En général, après 72 heures, on commence à ressentir un bienfait », décrit le médecin généraliste.

En plus de la luminothérapie, il préconise des traitements à base de vitamine D dont l’apport dépend notamment de l’exposition au soleil.

L’agence nationale de sécurité sanitaire, l’Anses, rappelle sur son site que la vitamine D « joue un rôle essentiel dans la qualité des tissus osseux et musculaires ainsi que dans le renforcement de notre système immunitaire » mais que « la plupart des Français ne mangent pas assez ».

Enfin, Faïza Bossy conseille de maintenir « une hygiène de vie digne » en hiver : « il faut sortir, faire de l’activité physique, du lien social ». Le Royal College of Psychiatrists recommande même de sortir « le plus possible dans la journée » et rappelle que des antidépresseurs peuvent être prescrits pour les formes les plus sévères de dépression saisonnière. On peut aussi garder à l’esprit qu’à partir du solstice d’hiver, le 21 décembre, les jours recommenceront à croître.

Selon les résultats de deux méta-analyses rapportées dans la publication médicale UpToDate, la luminothérapie est efficace chez 60% des patients. « C’est un excellent traitement, avec un taux de réussite similaire aux antidépresseurs. Il a aussi l’avantage de travailler rapidement », explique Mme Lavoie.

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